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Jamais je n’ai voulu être sculpteur. J’ai commencé la sculpture très tard, un peu par hasard, guidée par une amie qui a su me montrer le chemin de moi-même. Je voulais apprendre, faire une école. Elle me l’a déconseillé et je lui en suis reconnaissante. Comme j’étais un peu têtue, j’ai quand même fréquenté, pendant une année, l’atelier de Françoise Hamel, sculpteur à Marseille. Puis j’ai fait un stage de trois mois pour découvrir les techniques de la terre, tournage, émaillage et cuisson. C’est pendant ce stage que le Raku s’est imposé à moi, par ses couleurs, ses textures, les contrastes entre celles-ci, et par les surprises du travail du feu. La cuisson raku est un spectacle dont les acteurs sont les éléments. C’est une cuisson qui fait prendre des risques et le hasard est souvent maître. La terre comme la vie m’oblige à l’écoute. Mon travail consiste juste à repérer ce qu’il se passe, une attitude, un mouvement, une main qui est déjà dans la terre avant même que je n’y pense ... . |
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Evelyne Galinski |

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Des traces involontaires, des voiles qui tombent de travers, des cassures, des symboles et autres écritures qui s’impriment parfois sur la face cachée d’un voile (petits secrets biens gardés). Ces accidents m’emmènent ailleurs, là où je n’imaginais pas aller La terre me devance souvent, peut-être même toujours. La terre me travaille. Chacune de mes sculptures me rapproche un peu plus de moi-même. Je n’aimais pas la toucher, elle m’apprivoise. Elle me creuse, elle cherche ma racine, mon être. J’ai des conversations avec elle, quelques fois légères, quelques fois plus profondes. Parfois elles ouvrent, des années après, des portes lourdement fermées. Les voiles sont des protections, ils sont fins et délicats. Ils symbolisent la fragilité de la protection…Quand il n’y a plus besoin de protection, ils tombent. Méditation, silence, zen, arts du corps, relation à l’autre, voilà mon inspiration .Traces d’Asie... cauchemar d’enfant, fascination de l’adulte. Je cherche dans l’argile un autre peuple, ancestral ou nouveau, sans race, parce que mélangées. Comme le blanc ou la lumière qui recèlent toutes les couleurs sans en distinguer aucune. Même mélange des sexes, homme, femme. Ambiguïté, pour amener le regard à considérer l’être et non plus sa forme. Tout se confond, pour lui laisser libre court d’être ce qu’il désire |